Attaque sur l’Iran

L’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a conduit à la mort d’Ali Khamenei et à la destruction d’une partie des capacités militaires stratégiques de Téhéran, ne se réduit pas à un échange de frappes : c’est une tentative assumée de reconfigurer le régime iranien et, au‑delà, l’équilibre géopolitique et énergétique du Moyen‑Orient.

1. Une opération de rupture

Dans la nuit du 28 février 2026, une campagne de frappes menée conjointement par les États‑Unis et Israël vise les centres névralgiques du pouvoir iranien : complexes résidentiels et de commandement du guide suprême à Téhéran, sites de contrôle des Gardiens de la révolution, bases balistiques, infrastructures liées au programme nucléaire. La mort d’Ali Khamenei est rapidement annoncée par Donald Trump puis confirmée par les médias iraniens.

Outre le Guide suprême, cette offensive a décapité l’appareil sécuritaire en éliminant de très hauts dignitaires tels qu’Ali Shamkhani, conseiller du Guide et secrétaire du Conseil de défense, Abdolrahim Moussavi, chef d’état-major des forces armées, Mohammad Pakpour, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, Aziz Nasirzadeh, ministre de la Défense, et Gholamreza Rezaian, chef des services de renseignements de la police. Bien au-delà de l’impact purement militaire, la cible de cette attaque est avant tout symbolique et institutionnelle : la République islamique perd brutalement son pivot politico-religieux et sa chaîne de commandement stratégique.

L’Iran réplique par des salves de missiles et de drones contre Israël, contre des bases américaines dans la région et, fait nouveau par son ampleur, contre plusieurs capitales du Golfe : Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Riyad, Bahreïn, Koweït. Des infrastructures civiles et logistiques sont touchées, rappelant brusquement la vulnérabilité des hubs qui ont prospéré sous hypothèse implicite de protection américaine. En parallèle, Téhéran annonce des opérations de harcèlement et de minage du détroit d’Ormuz. Même si nous ne sommes pas encore dans un blocage complet, la possibilité de voir un cinquième du pétrole mondial pris en otage devient crédible, ce qui suffit à propulser le baril vers 80$.

Officiellement, Washington parle de neutraliser une menace nucléaire et balistique “imminente”, d’empêcher l’Iran d’accéder à la bombe et de défendre ses forces et ses alliés. Israël assume une logique de “frappe préventive élargie” contre une menace existentielle et contre l’arc de proxies construit par Téhéran. Mais la nature de l’opération – décapitation du guide, frappes répétées sur les organes de pouvoir – révèle une intention plus large : provoquer une recomposition du régime, tout en évitant l’occupation terrestre qui avait plombé les interventions irakienne et afghane.

2. Un État “pasdaranisé” en crise intérieure

Pour mesurer la portée du choc de l’attaque israélo-américaine, il faut revenir à l’état du pays et à l’organisation du pouvoir iranien.

L’économie iranienne a subi des années de sanctions, de mauvaise gestion, de corruption, de fuite des cerveaux. L’inflation et la dépréciation du rial ont laminé les classes moyennes et frappé les couches populaires qui dépendaient des subventions. Les grandes séquences de contestation – le mouvement “femme, vie, liberté” de 2022, puis les émeutes de janvier 2026 liées à l’effondrement du pouvoir d’achat – ont montré que le pacte implicite “soumission contre redistribution” ne fonctionne plus comme avant. La mort de Khamenei vient donc frapper un édifice déjà en crise, mais pas encore délité.

Dans ce contexte, la vraie question n’est pas de savoir si la rue iranienne souhaite un changement de régime – tout indique que l’appétit pour une normalisation est réel – mais de savoir si l’appareil de coercition peut se fissurer. La clé se trouve dans l’organisation du pouvoir iranien : il repose sur une dyarchie : une autorité religieuse (le guide suprême) qui domine en réalité l’ensemble du système, et une autorité civile (le président de la République) qui ne dispose que d’une marge de manœuvre encadrée.

Le guide suprême concentre la quasi‑totalité des leviers décisifs. Il définit les grandes orientations stratégiques (sécurité, défense, politique étrangère), commande l’ensemble des forces armées, nomme les têtes des Gardiens de la révolution, des forces de l’ordre, du pouvoir judiciaire et pèse directement sur les médias publics. Il peut valider, bloquer ou défaire les décisions des institutions élues. Sa légitimité est religieuse et doctrinale (velayat-e faqih : gouvernement du juriste‑théologien), pas électorale, même si sa désignation passe formellement par l’Assemblée des experts, composée de religieux.

Le président, lui, est chef de l’exécutif pour la gestion courante : gouvernement, budget, administration, mise en œuvre de la politique économique, négociation d’accords dans le cadre fixé par le guide. Il est élu au suffrage universel, mais sa candidature est filtrée par le Conseil des gardiens, dont une partie est nommée par le guide; et il peut être marginalisé, voire révoqué, si ses orientations entrent en conflit avec celles du bureau du guide. Historiquement, dans tous les bras de fer importants, c’est l’option du guide qui s’est imposée.

La République islamique a prolongé ce système dual avec une armée régulière (l’Artesh) qui coexiste avec les Gardiens de la révolution (Pasdarans). 

Les Pasdarans exercent un contrôle de proximité dans les quartiers et les provinces, comme les colectivos au Vénézuela. Les colectivos n’ont pas seulement servi à faire peur aux opposants : ils se sont imbriqués dans l’économie des quartiers, ont capté des rentes, se sont fait des ennemis mortels. Ils ne peuvent pas “sortir du jeu” sans se mettre eux‑mêmes en danger physique et judiciaire. Il en va de même pour les Pasdarans et l’écosystème qui gravite autour d’eux. Ils savent que la chute du régime signifierait non seulement la perte de leurs privilèges, mais potentiellement des poursuites, des règlements de comptes, voire des exécutions. Leur intérêt rationnel est de tenir le plus longtemps possible, à tout prix, sauf si on leur offre une sortie qui garantisse leur survie physique et une forme de reconversion.

En même temps, au fil du temps, les pasdarans ont cessé d’être une simple milice idéologique pour devenir le cœur militaire, sécuritaire et économique du régime. Ils contrôlent la majeure partie des forces d’élite, le programme balistique, l’essentiel des capacités navales asymétriques dans le Golfe, des pans entiers de l’économie via des fondations et conglomérats, et les réseaux de répression intérieure à travers les Bassidjis, chargée de la surveillance sociale et de la répression intérieure. Ainsi, depuis une quinzaine d’années, on assiste à une “militarisation du régime par le haut” : des cadres pasdarans occupent les ministères, dirigent des entreprises publiques, verrouillent les circuits économiques et l’accès à la rente pétrolière.

L’Artesh, l’armée iranienne héritage du Shah, a en revanche été méthodiquement tenue à distance des centres de pouvoir. Professionnalisation, sous‑financement relatif, mise à l’écart des enjeux politiques : tout a été fait pour qu’elle reste un instrument de défense du territoire sans devenir un acteur autonome. 

Tant que l’Artesh reste neutre ou globalement alignée, les Pasdarans conservent de facto le monopole de la coercition stratégique. Ils tiennent les forces les mieux équipées, les unités chargées de l’ordre intérieur, les axes logistiques, les installations sensibles. Ils contrôlent aussi une part importante du tissu économique, des circuits de contrebande, des importations critiques et des grandes entreprises publiques. Ils peuvent, en cas de contestation interne, réprimer massivement, comme ils l’ont fait il y a quelques jours, quitte à accentuer encore le divorce avec la société.

Compte tenu de la structure interne du pouvoir iranien, pour qu’un basculement intervienne, l’une de ces deux fractures serait nécessaire :

  • Une fracture horizontale au sein même des Pasdarans, entre factions plus pragmatiques qui verrait dans un compromis avec l’extérieur et une évolution du régime une chance de survie, et factions radicales prêtes à aller au bout de la confrontation.
  • Une fracture verticale entre l’Artesh et les Pasdarans, si une partie de l’armée régulière refuse de continuer à protéger l’ossature du régime ou choisit de se poser en garant d’un ordre alternatif. Ce type de dynamique n’est pas impossible – l’histoire des coups d’État militaires le montre – mais il ne se décrète pas de l’extérieur. Il dépend d’une alchimie complexe de loyautés, de peur du chaos, de calculs personnels et de signaux envoyés par les grandes puissances.

Sans une de ces fractures, les protestations populaires – aussi massives soient‑elles – risquent d’aboutir à un nouveau cycle de répression et les frappes aériennes ne devraient pas être plus efficaces : les éléments publics d’ailleurs vont plutôt dans le sens d’une résilience de l’appareil. Les ripostes coordonnées, la rapidité de la contre‑attaque, l’absence de dissidence ouverte dans les premières heures plaident pour un système encore cohérent. La pression extérieure peut faire bouger les lignes, mais il serait illusoire de parier sur une chute mécanique du régime par simple élimination du guide et destruction de quelques infrastructures.

3. Capacités d’embrasement et seuils de danger

L’Iran conserve, malgré les frappes, une capacité remarquable à déstabiliser son environnement. Son arsenal balistique, même entamé, comprend encore des milliers de missiles de courte et moyenne portée. Ses drones, ses unités navales asymétriques, ses capacités de minage et de harcèlement dans le Golfe, ses réseaux de proxies en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, en font un acteur de nuisance difficile à neutraliser complètement.

2 éléments sont particulièrement à surveiller à la suite de l’attaque israélo-américaine : 

◊ La question du programme nucléaire change de nature avec l’attaque. Jusqu’ici, Téhéran mettait en avant la “fatwa” (interdiction religieuse) proclamée contre l’arme atomique pour justifier le caractère civil de ses activités, tout en se rapprochant progressivement du seuil technologique nécessaire à une capacité militaire latente. Une fois la survie du régime directement menacée par une coalition qui dit explicitement vouloir “changer le comportement du régime”, la logique de dissuasion peut l’emporter sur les considérations doctrinales. Pour un pouvoir acculé, la tentation de franchir le Rubicon et d’aller vers un “breakout” rapide – c’est‑à‑dire atteindre le seuil où l’assemblage de têtes nucléaires devient une affaire de semaines – devient plus forte. En ce sens, les frappes peuvent, paradoxalement, accélérer une course à la bombe, surtout si une partie des infrastructures de production, plus dispersées que les sites déclarés, restent intactes.

◊ Le détroit d’Ormuz constitue le second ressort critique. D’un point de vue rationnel, il est clair qu’un blocage prolongé asphyxierait autant l’Iran que ses adversaires et handicaperait peu les Etats-Unis qui sont autonomes en hydrocarbures. Mais la rationalité d’un système politique en position de survie n’est pas celle d’un gestionnaire. Pour les Pasdarans, miner le détroit, harceler les tankers, provoquer une flambée du baril au‑delà de 120 ou 130 dollars peut être vu comme un levier ultime. Le coût pour l’Iran serait immense, mais si le régime estime qu’il joue sa survie, adossé à la mentalité chiite avec le culte du sacrifice, la logique de la “terre brûlée” devient plausible. C’est précisément ce qui inquiète les grandes capitales : la combinaison d’un régime chiite acculé et d’outils de blocage d’une artère vitale du commerce mondial.

4. Dans la logique de l’affrontement Chine-USA : 

Ce double risque, sur le nucléaire et le pétrole, est à regarder à l’aune de la stratégie américaine. 

L’objectif premier de Trump n’est probablement pas de “punir un régime criminel” mais de re-paramétrer le système énergétique mondial, éventuellement au détriment de la Chine, une vision cohérente avec les précédents récents. Au Venezuela, l’intervention américaine n’a pas débouché sur un changement de régime clair, mais sur une recomposition où Caracas cherche à redevenir un fournisseur de pétrole lourd pour les raffineries américaines du golfe du Mexique, indispensable à l’équilibre de leur mix énergétique. La troïka au pouvoir n’a pas été physiquement éradiquée, mais sommée de se réaligner sur une architecture où la rente pétrolière vénézuélienne sert, in fine, la “Forteresse Amériques”.

Transposée à l’Iran, cette grille suggère que le but n’est pas nécessairement d’obtenir un “Iran démocratique” – perspective séduisante mais peu réaliste à court terme – mais un Iran non nucléarisé, moins aligné sur Pékin et Moscou, moins agressif régionalement et réinséré dans un système énergétique où les États‑Unis gardent un poids majeur. 

De même pour la Russie : l’idée d’un renversement de Poutine est politiquement rentable, mais stratégiquement incertaine. En revanche, affaiblir le lien Russie–Chine, offrir une perspective de normalisation sous conditions et rediriger une partie des flux russes vers l’Europe et le reste du monde non chinois est un objectif plus atteignable et qui explique peut-être l’alignement américain sur les thèses de paix russes.

Dans cette perspective, les Pasdarans deviennent l’équivalent des colectivos vénézuéliens ou d’une partie de l’élite russe : des acteurs que l’on ne peut pas simplement effacer, mais qu’on peut tenter d’acheter en leur offrant une survie sous conditions. Le calcul de Trump est simple : il est plus économique de re-paramétrer des régimes que de les renverser, à condition d’aligner suffisamment de leviers – militaires, financiers, énergétiques – pour rendre le compromis plus attractif que l’obstination.

La question se pose alors de savoir comment Pékin réagit à ce qui ressemble à une tentative de “reconfiguration forcée” de son approvisionnement.

La Chine est aujourd’hui l’un des principaux clients du pétrole iranien, directement ou via des circuits contournant les sanctions. Elle a investi dans des infrastructures, dans des accords de long terme, dans une relation qui lui offre des barils en dehors du système dollar et sous conditions politiques favorables. Voir les États‑Unis et Israël frapper au cœur du régime iranien, sans que Pékin ait la capacité d’y faire obstacle, est un signal stratégique majeur.

La boîte à outils chinoise comporte plusieurs leviers. Le soutien financier discret – achats de pétrole en dehors des circuits visibles, lignes de crédit et investissements déguisés – peut aider le régime à tenir malgré les sanctions. L’appui technologique et militaire, par exemple via la fourniture de systèmes anti‑navires, de moyens de guerre électronique ou de drones plus sophistiqués, peut accroître le coût d’une campagne prolongée pour les forces américaines et leurs alliés. À un horizon beaucoup plus incertain et de manière hautement hypothétique, Pékin pourrait même envisager de pérenniser sa présence par l’établissement d’un point d’appui naval ou logistique dans le Golfe, afin de sécuriser directement ses flux énergétiques vitaux.  Enfin, la Chine peut décider de répondre sur un autre théâtre : intensifier la pression autour de Taïwan, tester les lignes rouges américaines en mer de Chine, compliquer la vie de Washington dans son propre environnement stratégique.

Il est important d’inscrire la crise iranienne dans une perspective de “grand jeu” sino‑américain et Pékin ne peut probablement pas se contenter d’être spectateur : il cherchera à garder un accès à des barils non occidentaux et à s’assurer qu’un éventuel Iran “post‑Khamenei” ne bascule pas pleinement dans le camp américain. La trajectoire de l’axe Moscou–Pékin–Téhéran devient ainsi un indicateur central pour anticiper la profondeur de la crise en cours. Il est possible que l’appui de la Chine permette à l’Iran de tenir tête et d’entrer dans une confrontation longue et cette hypothèse mérite d’être analysée.

Un Iran qui “ne plie pas”, soutenu par la Chine, a intérêt à sortir d’une logique de bluff maximaliste (fermeture durable d’Ormuz) pour entrer dans une confrontation longue, calibrée, qui use ses adversaires sans asphyxier Pékin.

Dans ce scénario, la Chine n’a aucun intérêt à ce que le détroit d’Ormuz soit fermé durablement : près de la moitié de ses importations de pétrole transitent par ce couloir, et environ 90% des exportations iraniennes de brut lui sont destinées. Pékin peut donc accepter des tensions ponctuelles et des hausses de prime de risque, mais pas un choc qui bloquerait ses flux pendant des mois. Cela limite la probabilité d’un blocage total et durable : l’Iran peut jouer de la menace, recourir à des sabotages ciblés, tester les lignes rouges, mais il lui sera difficile d’ignorer les pressions chinoises au‑delà d’un certain seuil.

En contrepartie, le soutien chinois permettrait à Téhéran de structurer une guerre d’usure plutôt qu’une bataille décisive. Pékin peut fournir des “multiplicateurs de puissance” : systèmes de défense aérienne, radars longue portée, missiles antinavires, cyber‑capacités, assistance satellitaire, qui renchérissent le coût opérationnel pour les États‑Unis et Israël. Ce soutien reste discret, sans troupes chinoises, mais il contribue à rendre toute campagne prolongée plus dangereuse et plus chère, ce qui est précisément l’objectif de Téhéran dans une confrontation longue.

Conclusion :  

Après l’assassinat de Khamenei et d’une partie des hauts responsables, la transition s’organise autour d’un “conseil de direction” intérimaire qui combine ces deux légitimités : le président Massoud Pezeshkian, une haute figure religieuse (par exemple Alireza Arafi, issu du Conseil des gardiens) et le chef du pouvoir judiciaire (Gholamhossein Mohseni‑Ejei), tous trois chargés d’exercer collégialement les prérogatives du guide jusqu’à l’élection d’un successeur. 

Le président Pezeshkian vient d’un courant plus pragmatique et réformateur du système : il a plaidé par le passé pour un assouplissement social, des ouvertures économiques, et une forme de normalisation avec l’extérieur, tout en restant loyal à l’architecture islamique. Ce n’est pas, à l’origine, un homme “prêt au sacrifice pour Allah” dans le sens d’une logique martyrologique ou d’une fuite en avant apocalyptique; c’est un médecin de formation, un homme politique issu du système, qui a joué la carte du réformisme interne.

Les deux autres profils, en revanche, sont nettement plus enracinés dans le noyau dur du régime. Arafi est un religieux de haut rang, membre du Conseil des gardiens, produit direct du clergé chiite qui a porté la révolution et théorisé le pouvoir des juristes‑théologiens; Mohseni‑Ejei, à la tête du pouvoir judiciaire, est lié à la machine répressive, formé dans une culture où la préservation de la République islamique est perçue comme un devoir religieux supérieur. Ce sont des hommes pour qui “sacrifier” beaucoup pour maintenir l’édifice est légitime. Cela ne signifie pas qu’ils recherchent la mort personnelle; mais ils appartiennent à un univers mental où la survie du régime et de l’ordre islamique justifie l’usage de la violence.

Autour de ce trio, il faut ajouter deux ensembles décisifs : le haut commandement des Gardiens de la révolution et une partie de la hiérarchie des Bassidjis. C’est là que l’on trouve les profils les plus radicalisés au sens opérationnel : vétérans de la guerre Iran–Irak, nourris d’un récit de siège permanent, habitués à penser en termes de sacrifice et de martyre. Ce sont eux qui ont orchestré les répressions de masse et qui, typiquement, poussent à la confrontation plutôt qu’au compromis.

Au final, il est donc probable à ce stade, que : 

  • la structure du pouvoir en Iran ne vacillera pas 
  • le flux pétrolier ne sera pas interrompu durablement 
  • Avec les élections mid term qui approchent, l’administration Trump sera à la recherche d’une conclusion rapide, même si elle est imparfaite.

En conclusion, à ce stade, l’économie mondiale ne devrait pas être mise en péril par le conflit iranien et l’investisseur long terme peut conserver ses investissements.

Plus en profondeur : 

  • pour l’Europe, qui ne dispose pas des mêmes leviers que les États‑Unis, la nécessité de réduire la vulnérabilité aux chocs pétroliers renforce les thèses d’investissement sur les chaînes de valeur de l’électrification (constructeurs, équipementiers, batteries, électronique de puissance, réseaux) et sur les infrastructures énergétiques de substitution
  • pour les États du golfe, le besoin de défense contre les drones et les missiles à été exposé à tous. Pour autant, il est difficile pour l’investisseur de capitaliser sur cette demande accrue, les entreprises concernées ayant déjà fortement progressé depuis plusieurs mois.