Les 10 actions asiatiques qui ont explosé en 2026

L’Asie est, sans conteste, l’épicentre du grand cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle. Des fonderies de Taïwan aux fabricants de mémoire de Corée du Sud, en passant par les équipementiers japonais et les spécialistes chinois de l’optique, c’est sur le continent asiatique que se concentre l’essentiel de la chaîne de valeur matérielle qui alimente la révolution de l’IA. Et sur les six premiers mois de l’année 2026, plusieurs grandes capitalisations de la région signent des parcours boursiers tout simplement vertigineux.

Fait marquant de ce palmarès : son extraordinaire homogénéité sectorielle. À une exception près, l’intégralité des valeurs retenues appartient à l’univers des semi-conducteurs et de leurs équipements — mémoire, optique, machines de lithographie, composants de puissance. Voici les dix plus belles performances de cet univers asiatique sur le semestre, à la lumière de la méthode hiboo.

1. Kioxia Holdings (+808%) : l’envolée folle de la mémoire

Sans surprise au regard de l’ampleur du chiffre, c’est le japonais Kioxia Holdings qui domine, et de très loin, ce classement, avec un titre dont le cours a été multiplié par plus de neuf depuis le début de l’année. Ancienne division mémoire de Toshiba, le groupe est un acteur majeur du NAND flash, dont les prix et les volumes ont explosé sous l’effet de la demande de stockage des centres de données dédiés à l’IA. Avec un PER (Y+1) de l’ordre de 9,7x pour une capitalisation de 310 Md, le dossier illustre la bascule d’un marché mémoire cyclique vers une phase de pénurie structurelle. Mais une telle envolée appelle, à ce niveau, la plus extrême prudence : un titre qui s’éloigne aussi spectaculairement de sa droite de régression a déjà intégré, mécaniquement, des années de bonnes nouvelles.

2. SK Square (+284%) : le holding de la mémoire coréenne

Le coréen SK Square, holding d’investissement du conglomérat SK qui détient notamment une participation majeure dans SK Hynix, progresse de près de 284%. Sa trajectoire est étroitement corrélée à celle de sa pépite mémoire : lorsque le marché réévalue massivement la valeur de SK Hynix, la décote de holding se résorbe et l’effet de levier joue à plein. Un PER (Y+1) de seulement 4,95x pour 123 Md de capitalisation traduit la mécanique de cette structure de portage.

3. SK Hynix (+251%) : le champion de la HBM

SK Hynix signe une hausse de l’ordre de 251% et s’impose comme l’un des grands gagnants de la vague IA. Le coréen est le leader mondial de la mémoire HBM (High Bandwidth Memory), composant indispensable aux accélérateurs graphiques qui équipent les centres de calcul. Avec un PER (Y+1) de 5,59x pour 1 071 Md de capitalisation — l’une des plus importantes du palmarès — le groupe combine croissance explosive et valorisation encore mesurée en apparence, signe que le marché reste partagé sur la pérennité du cycle.

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4. Murata Manufacturing (+224%) : le roi discret des composants passifs

Le japonais Murata Manufacturing, leader mondial des condensateurs céramiques multicouches (MLCC), progresse d’environ 224%. Moins médiatisé que les fabricants de puces, le groupe est pourtant un fournisseur incontournable de l’ensemble de l’électronique mondiale, des smartphones aux serveurs IA. Son PER (Y+1) nettement plus élevé, autour de 56x, reflète à la fois la qualité reconnue de sa franchise et l’enthousiasme du marché — un niveau de valorisation qui invite à la sélectivité.

5. MediaTek (+213%) : le concepteur de puces taïwanais

Le taïwanais MediaTek, l’un des plus grands concepteurs mondiaux de puces sans usine (fabless), signe une avance d’environ 213%. Historiquement positionné sur les processeurs pour smartphones, le groupe s’est progressivement imposé comme un acteur crédible des puces dédiées à l’IA et au edge computing. Avec un PER (Y+1) de l’ordre de 37x pour 226 Md de capitalisation, il incarne la montée en gamme de l’écosystème taïwanais des semi-conducteurs.

6. Samsung Electronics (+181%) : le réveil du géant

Premier conglomérat technologique coréen, Samsung Electronics progresse d’environ 181% — une performance remarquable pour une mégacapitalisation de 1 417 Md, la plus importante de ce classement. Après avoir accusé un retard dans la mémoire HBM face à SK Hynix, le groupe a regagné la confiance du marché grâce à la qualification de ses nouvelles générations de puces et à la fermeté générale des prix de la mémoire. Un PER (Y+1) de 5,88x rappelle qu’une mégacap de qualité peut, elle aussi, délivrer des performances spectaculaires quand le cycle se retourne en sa faveur.

7. Delta Electronics (+129%) : la gestion de la puissance électrique

Le taïwanais Delta Electronics, spécialiste mondial de l’alimentation électrique et de la gestion thermique, progresse d’environ 129%. Le groupe se situe à un point de convergence stratégique : les centres de données IA sont d’immenses consommateurs d’énergie, ce qui place les solutions d’alimentation et de refroidissement au cœur des préoccupations des opérateurs. Avec un PER (Y+1) d’environ 34,5x, le dossier illustre la prime accordée aux « pioches et pelles » de la ruée vers l’IA.

8. Tokyo Electron (+106%) : l’équipementier japonais incontournable

Le japonais Tokyo Electron (TEL), l’un des plus grands fabricants mondiaux d’équipements de production de semi-conducteurs, progresse d’environ 106%. Aux côtés de l’ASML néerlandais, le groupe fait partie du club très fermé des fournisseurs de machines sans lesquelles aucune puce avancée ne peut être produite. Avec un PER (Y+1) d’environ 47x pour 205 Md de capitalisation, il représente un maillon critique — et difficilement substituable — de la chaîne de valeur.

9. Zhongji Innolight (+104%) : l’optique chinoise au service des data centers

Le chinois Zhongji Innolight, leader des modules optiques de transmission de données à haut débit, signe une avance d’environ 104%. Ses produits sont essentiels à l’interconnexion des serveurs au sein des centres de calcul, dont les besoins en bande passante explosent avec l’IA. Un PER (Y+1) d’environ 30x pour 205 Md de capitalisation traduit la reconnaissance croissante du rôle stratégique de l’optique dans l’architecture des centres de données.

10. Eoptolink Technology (+76%) : le défi optique chinois

Autre champion chinois de l’optique, Eoptolink Technology ferme ce palmarès avec une hausse d’environ 76%. Concurrent direct de Zhongji Innolight sur les transceivers optiques haut débit, le groupe profite de la même dynamique structurelle de montée en débit des infrastructures réseau. Avec un PER (Y+1) de l’ordre de 26x pour 111 Md de capitalisation, il prolonge le thème dominant de ce classement : l’optique comme goulot d’étranglement de la révolution IA.

Ce que nous enseigne ce palmarès

Trois grands fils conducteurs structurent les plus belles performances asiatiques du semestre :

  1. Le super-cycle de la mémoire (Kioxia, SK Hynix, SK Square, Samsung) — porté par une demande de stockage et de HBM sans précédent, dans un contexte de pénurie structurelle.
  2. Les équipements et composants (Tokyo Electron, Murata, MediaTek, Delta) — les « pioches et pelles » indispensables à toute la chaîne de production.
  3. L’optique des centres de données (Zhongji Innolight, Eoptolink) — au cœur de l’explosion des besoins en bande passante.

Le fil conducteur le plus frappant reste sectoriel : ce palmarès est, à de rares nuances près, une photographie de la chaîne de valeur matérielle de l’intelligence artificielle. Mémoire, équipements, composants de puissance, optique : chaque maillon a vu sa valorisation s’envoler dans un même mouvement d’enthousiasme. Une concentration thématique qui, en soi, constitue un avertissement : lorsque toute une chaîne monte de concert sur un seul récit, le risque de retournement collectif s’accroît d’autant.

Reste l’essentiel, et c’est tout le cœur de la méthode hiboo : une performance passée, aussi spectaculaire soit-elle, n’est jamais une promesse. Un titre qui a été multiplié par neuf peut tout aussi bien poursuivre sa course que se retourner brutalement — et les valeurs cycliques de la mémoire en savent quelque chose. Plutôt que de courir après des hausses déjà largement consommées, notre approche privilégie la lecture des droites de régression et des écarts-types pour identifier les zones d’entrée et de sortie statistiquement pertinentes. Cette discipline est d’autant plus précieuse sur des dossiers asiatiques à l’historique parfois court ou au caractère cyclique marqué, où l’extrapolation naïve du passé récent peut coûter cher. C’est l’expertise d’analystes humains — et non un algorithme qui prolonge les tendances — qui fait la différence dans la durée.

Cet article est publié par hiboo à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en Bourse comporte un risque de perte en capital.