Amazon vient d’annoncer 200 Md$ d’investissements pour 2026, un chiffre historique qui ouvre une vraie question : bulle IA… ou nouvelle infrastructure de base de l’économie mondiale ?
200 Md$ : ce que prépare vraiment Amazon
- 200 Md$ de capex en 2026, soit la plus grosse enveloppe annuelle jamais annoncée par une entreprise privée, largement au‑dessus des attentes du marché.
- L’essentiel va vers AWS et l’IA : data centers, GPU/ASIC maison (Trainium, Graviton, Inferentia), réseaux, stockage, plus une enveloppe significative pour Project Kuiper (constellation de satellites LEO).
- AWS tourne déjà à un run‑rate de ~142 Md$ de chiffre d’affaires, avec une demande IA qui accélère nettement.
En clair : Amazon veut sur‑construire de la capacité IA avant ses concurrents, pas courir derrière.
Pourquoi investir autant, tout de suite ?
Amazon avance trois raisons stratégiques implicites :
- Rattraper et dépasser la demande IA : la capacité de calcul est déjà le goulot d’étranglement, et perdre un deal IA aujourd’hui, c’est souvent perdre un client pour 10 ans.
- Verticaliser la chaîne de valeur : en poussant ses puces Trainium/Graviton, Amazon vise une baisse de ~40% du coût total des workloads IA par rapport à une dépendance 100% Nvidia, et un business chips déjà >10 Md$ de run‑rate.
- Devenir une infrastructure critique mondiale : data centers + constellation Kuiper, c’est un mix cloud + connectivité qui ancre Amazon au cœur de l’infrastructure numérique.
L’objectif n’est pas seulement de faire tourner des modèles IA, mais de cimenter un moat d’infrastructure.
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600–700 Md$ de capex IA : bulle ou nouveau réseau électrique ?
Amazon n’est pas seul : les « big five » hyperscalers (Amazon, Microsoft, Google, Meta, Oracle) devraient dépasser 600 Md$ de capex en 2026, dont ~75% dédiés à l’infrastructure IA (serveurs, GPU, data centers, réseaux).
Deux lectures s’affrontent :
- Thèse « investissement nécessaire » :
- La demande IA (LLM, inference, agents) explose.
- Les GPU sont saturés, les capacités sont bookées des années à l’avance.
- Ne pas investir « devant la courbe », c’est céder des parts de marché pour longtemps.
- Thèse « surcapacité cyclique » :
- Si l’adoption ralentit, si les modèles deviennent beaucoup plus efficients ou si la régulation serre la vis, on peut se retrouver avec des data centers sous‑utilisés et des ROIC dégradés pendant des années.
Chez hiboo, on penche plutôt pour la première thèse : l’IA ressemble davantage à un nouvel Internet + électricité combinés qu’à une simple mode technologique.
Sur le terrain : la France de l’IA à deux vitesses
Le Baromètre du numérique 2026 donne un signal fort :
- 48% des Français ont déjà utilisé une IA générative en 2025, contre environ un tiers un an plus tôt.
- Chez les 18‑24 ans, l’IA est quasiment « native » : 85% l’utilisent, et 73% au moins une fois par mois pour l’aide aux devoirs.
- L’usage quotidien se concentre sur la recherche d’info, la génération d’idées, la création de contenus et la discussion.
Mais l’autre moitié du pays reste méfiante ou réfractaire : une France de l’IA à deux vitesses se dessine, par âge, par niveau d’études, par catégorie socio‑pro.
Ce clivage, on le retrouvera aussi :
- Entre entreprises (celles qui infusent l’IA partout vs celles qui restent en bord de route).
- Entre pays : qui peut vraiment suivre les États‑Unis et leurs centaines de milliards annuels d’investissement IA ?
Peut‑on justifier ces montants par les usages ?
Pour juger les 600–700 Md$ annuels, il faut les mettre en face des milliards d’utilisateurs potentiels :
- Microsoft 365 : ~300–400 M d’utilisateurs.
- Teams : ~360 M d’utilisateurs mensuels.
- Android : près de la moitié de la planète en base installée.
- Google Search : ~4,2 Md d’utilisateurs mensuels.
- YouTube : ~2,6 Md d’utilisateurs.
- Facebook : ~2,9 Md d’utilisateurs mensuels.
Imaginez un monde où :
- L’IA est facturée comme un abonnement téléphone / Netflix, intégré dans Microsoft 365, Android, Google, Meta, etc.
- Quelques euros par mois, multipliés par des milliards de personnes et de postes de travail.
Faites la multiplication sur un coin de table : les ordres de grandeur deviennent vite cohérents avec des centaines de milliards de capex.
Investir ou passer son tour ?
Personne ne sait exactement quelle sera l’ampleur réelle des usages IA dans 5–10 ans.
Et comme le rappelle souvent Warren Buffett : « There are no called strikes in investing. You don’t have to swing at every pitch. »
En bourse, vous n’êtes pas sanctionné si vous ne jouez pas un thème que vous ne comprenez pas ou qui vous met mal à l’aise.
Ne pas investir dans l’IA aujourd’hui, ce n’est pas une faute, c’est un choix de gestion du risque.
La vraie question devient alors :
- Voulez‑vous être exposé :
- Aux bénéficiaires directs de ce tsunami de capex (tout ce qui équipe les data centers : GPU, mémoire, stockage, commutateurs haut débit, cartes réseau, photonics, refroidissement, électricité, équipements de production d’énergie) ?
- Ou plutôt aux gagnants en productivité côté utilisateurs (logiciels, secteurs qui automatisent, entreprises qui infusent l’IA dans tous leurs process) ?
À vous de sortir la calculette, de tester quelques hypothèses de prix / utilisateur / mois, de marge, de capex de maintien.
Ou de participer au live spécial IA hiboo de mardi en testant notre plateforme gratuitement.
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