L’intervention américaine au Venezuela

L’opération « Absolute Resolve » du 3 janvier 2026 marque un tournant majeur dans l’histoire récente de l’interventionnisme américain unilatéral. L’extraction de Nicolas Maduro ouvre potentiellement des opportunités énergétiques et géopolitiques significatives pour les États-Unis, mais le succès de cette opération demeure incertain. Il dépend de facteurs politiques, militaires, économiques et diplomatiques qui échappent largement au contrôle direct de Washington.

Pour l’investisseur, ce scénario crée des opportunités sectorielles réelles, notamment dans le raffinage et les services pétroliers, mais ces opportunités sont assorties de risques d’enlisement, comparables à ceux observés lors des interventions en Irak en 2003 ou en Afghanistan en 2001. Une approche prudente conduit à privilégier des expositions tactiques et ciblées, en particulier sur les marges de raffinage à court terme, tout en demeurant vigilant quant à tout signe d’instabilité prolongée ou de blocage politique.

 

Décryptage de l’Opération “Absolute Resolve” : 

L’opération militaire en cours, matérialisée par l’extraction de Nicolas Maduro, constitue un événement majeur pour les marchés en ce début d’année 2026. Au-delà des réactions diplomatiques immédiates, il apparaît nécessaire d’analyser les dynamiques structurelles — énergétiques, financières et géopolitiques — qui sous-tendent cette action. Cette note a pour vocation d’éclairer les risques et opportunités potentiels pour votre allocation d’actifs.

1. La situation pré-intervention : fragilités et opportunités

La situation du Vénézuéla pré-intervention, c’est-à-dire la menace qu’il représente en même temps que les fragilités qu’il révèle, d’une part, et, d’autre part, la mesure du décalage entre l’état de pauvreté actuel du Vénézuéla et son potentiel économique théorique sont probablement les principales clés de lecture de l’opération américaine.

1.1 Le Venezuela comme « narco-État » : réalités et justification

Depuis 2020, le Département de la Justice américain qualifie le régime vénézuélien de « narco-État ». Cette qualification ne relève pas uniquement de la rhétorique diplomatique. Elle décrit une intégration avancée des activités de narcotrafic au sein même de l’appareil d’État, en particulier via le « Cartel des Soleils » (Cartel de los Soles), un réseau criminel impliquant des hauts gradés de l’armée. Les accusations formelles portent sur la sécurisation de pistes clandestines utilisées pour le trafic aérien, la désactivation ou la neutralisation de systèmes radar militaires et la protection de convois de drogue. Ces flux transitent principalement vers les États-Unis en suivant deux grands axes : une route aérienne passant par l’Amérique centrale et le Mexique, et une route maritime utilisant la côte caribéenne vénézuélienne pour atteindre les Antilles ou l’Afrique de l’Ouest.

Il convient toutefois de souligner une distinction importante. Contrairement à la Colombie ou au Pérou, qui sont des producteurs de cocaïne, le Venezuela fonctionne surtout comme plateforme logistique et centre de transit. Le départ de Maduro ne suffit donc pas, en soi, à démanteler les réseaux criminels, dont une partie pourrait persister, se reconfigurer ou basculer sous d’autres formes d’autorité, formelle ou informelle.

1.2 La crise de légitimité du régime Maduro

L’évolution politique interne du Venezuela depuis la fin de l’ère Chávez a conduit à une crise de légitimité profonde. Hugo Chávez, arrivé au pouvoir en 1998, avait fondé son projet bolivarien sur la redistribution de la rente pétrolière à travers des programmes sociaux massifs. Ce modèle avait suscité une forte adhésion populaire dans un premier temps. La transition vers Nicolas Maduro en 2013 a coïncidé avec la chute durable des prix du pétrole. Privé de la capacité financière nécessaire au maintien du clientélisme d’État, le régime a progressivement durci sa mainmise sur les institutions, transformant les contre-pouvoirs formels en relais de l’exécutif.

Les séquences électorales de 2024 et 2025 ont accéléré cette dérive. Le non-respect des standards de transparence, notamment l’absence de publication exhaustive des procès-verbaux, a creusé un fossé irréversible entre l’exécutif et une majorité de l’électorat. La légitimité du régime n’était plus assurée par le vote, mais par l’appareil répressif et administratif. À la veille de l’intervention américaine, le socle de soutien au régime, estimé à environ 15 à 20% de la population, reposait sur trois composantes sociologiques distinctes.

La première était formée par les dépendants économiques, souvent désignés sous l’étiquette de « vote CLAP », regroupant les populations les plus précaires des zones rurales et des barrios. Pour ces foyers, la fidélité politique était conditionnée à l’accès à la nourriture subventionnée et aux aides directes, ce qui en faisait un soutien davantage contraint qu’idéologique. 

La deuxième composante était celle du noyau idéologique historique, constitué d’une frange plus âgée de la population qui gardait en mémoire les inégalités de la « Quatrième République » et percevait encore le chavisme comme unique rempart face au retour d’une oligarchie perçue comme prédatrice. 

La troisième composante, enfin, était constituée par les structures paramilitaires des Colectivos, organisations civiles armées implantées au cœur des quartiers populaires urbains. Elles exerçaient des fonctions quasi-régaliennes en matière de sécurité de proximité, de distribution d’aide et de contrôle social, mais jouaient aussi un rôle central dans la répression des opposants.

Cette configuration a produit une forme de verrouillage systémique : la survie de l’État chaviste et celle de ces groupes radicaux étaient devenues interdépendantes. Dans un tel contexte, la simple alternance politique par les urnes ne suffisait plus à résoudre la crise.

1.3 Un effondrement économique d’ampleur historique

Sur le plan économique, le Venezuela constitue l’un des cas les plus spectaculaires d’effondrement de l’époque moderne. Au début des années 2010, le pays comptait environ 30 millions d’habitants. En 2026, la population résidente est estimée autour de 25 millions d’individus, l’écart correspondant à l’exode de plus de 7,7 millions de Vénézuéliens. Cet exode s’est accompagné d’une fuite massive de capital humain, notamment parmi les travailleurs qualifiés, les ingénieurs et les personnels de santé, désormais essentiels pour toute tentative de réhabilitation des infrastructures complexes.

L’évolution du produit intérieur brut par habitant traduit cette spirale descendante. En 2011, le PIB par habitant, en dollars nominaux, pouvait être estimé dans une fourchette de l’ordre de 12 500 à 13 000 dollars. En 2025, les indicateurs convergent plutôt vers une fourchette de 3 000 à 4 000 dollars. La réduction d’environ 75% du niveau de vie moyen s’explique par la fin de la rente pétrolière redistribuée, par l’hyperinflation, par la dollarisation informelle d’une partie de l’économie et par la contraction du secteur industriel non extractif.

L’industrie manufacturière, la construction et l’agro-industrie fonctionnaient à moins de 20% de leur capacité installée avant l’intervention. Malgré un potentiel agricole réel, le pays est devenu dépendant des importations alimentaires de base, conséquence de la désorganisation des chaînes d’approvisionnement, des expropriations et du manque d’accès aux intrants essentiels. L’économie s’est dualisée entre, d’un côté, une bulle de consommation dollarisée extrêmement étroite, concentrée dans les zones riches, et, de l’autre, une économie informelle de subsistance pour la majorité de la population.

À cette dynamique s’ajoute un fardeau de dette extérieure estimé entre 150 et 170 milliards de dollars, soit plusieurs fois le PIB actuel. Cette dette se compose notamment d’environ 60 milliards de dollars d’obligations souveraines en défaut depuis 2017, de créances bilatérales importantes envers la Chine et la Russie, souvent gagées sur des livraisons futures de pétrole, et de montants significatifs dus à des entreprises étrangères à la suite d’expropriations. Ce cumul de créanciers crée une situation où chaque flux futur de revenus pétroliers fera l’objet de contentieux multiples, compliquant la mise en place d’un plan de reconstruction cohérent.

1.4 Un trésor géologique sous contraintes techniques

Le Venezuela détient environ 303 milliards de barils de réserves prouvées, ce qui en fait le premier détenteur mondial de réserves de pétrole, devant l’Arabie Saoudite. Toutefois, près de 90% de ces réserves se trouvent dans la Ceinture de l’Orénoque sous forme de pétrole extra-lourd, ce qui impose des contraintes techniques et capitalistiques considérables.

L’appareil productif pétrolier se répartit en trois grandes zones. Le bassin de Maracaibo, à l’ouest, est le berceau historique de l’industrie. On y trouve principalement du pétrole conventionnel léger et moyen, plus facile à raffiner, mais les gisements y sont matures et en déclin naturel. Les infrastructures, en particulier les pipelines sous le lac et les installations lacustres, sont gravement dégradées. Dans le contexte actuel, la sécurisation de cette zone impliquerait des opérations militaires de type guerre urbaine, ce qui, compte tenu du coût humain et politique, rend probable un arbitrage américain défavorable à un contrôle intensif du bassin de Maracaibo.

La Ceinture de l’Orénoque, au centre-est, concentre l’essentiel des réserves vénézuéliennes. Le brut y est visqueux, ne coule pas naturellement et nécessite des techniques spécifiques d’extraction, comme l’injection de vapeur ou le pompage intensif, ainsi que le recours à des diluants comme le naphta pour être transportable. Ensuite, ce pétrole doit être traité dans des usines de valorisation (upgraders) pour produire un brut synthétique acceptable pour les raffineries. Cette dépendance à une infrastructure sophistiquée, à de la technologie de pointe et à des intrants chimiques importés explique en partie l’effondrement de la production sous le régime des sanctions et de la mauvaise gestion.

Enfin, le secteur offshore, notamment dans le golfe de Paria, recèle un potentiel gazier important. Ce gaz est crucial pour alimenter les centrales électriques nécessaires au fonctionnement des pompes et des usines de l’Orénoque. Si cette zone est plus facilement sécurisable d’un point de vue militaire, elle exige des investissements massifs et une expertise technique que seules les grandes majors internationales peuvent fournir à ce stade.

2. Motivations de l’intervention américaine : une stratégie intégrée

L’engagement militaire direct des États-Unis ne peut être interprété simplement comme une réaction aux troubles post-électoraux de 2024-2025. Il s’inscrit dans une logique stratégique plus large, combinant objectifs sécuritaires intérieurs, réaffirmation d’une doctrine géopolitique régionale et optimisation du mix énergétique américain.

2.1 Narcotrafic, migration et pression intérieure

Sur le plan intérieur, l’administration américaine subissait une double pression. D’une part, la qualification du régime vénézuélien comme « narco-terroriste » a fourni un cadre moral et légal pour une opération visant à neutraliser ce qui était présenté comme un instrument de déstabilisation de la société américaine via le flux de stupéfiants. D’autre part, la crise migratoire, avec 7,7 millions de Vénézuéliens ayant quitté le pays depuis 2015, alimente des tensions politiques et sociales, en particulier à la frontière mexicaine.

L’intervention est ainsi présentée, du point de vue américain, comme un moyen de traiter la cause profonde de l’exode, en imposant une stabilisation forcée de l’économie vénézuélienne et en transformant le pays, à terme, en zone de rétention et de développement. Cette narration doit toutefois être considérée avec prudence, car l’expérience historique montre que les interventions militaires prolongées engendrent souvent des vagues migratoires supplémentaires plutôt que l’inverse.

2.2 Une Doctrine Monroe radicalisée : la « Forteresse Amériques »

L’opération « Absolute Resolve » s’inscrit dans une réaffirmation de la Doctrine Monroe. Dans le contexte du XXIe siècle, cette doctrine est réinterprétée comme la volonté de sanctuariser l’hémisphère occidental face à l’influence de puissances extra-régionales, en l’occurrence la Chine et la Russie.

Le Venezuela représentait un point d’appui pour ces puissances rivales, à travers des équipements militaires, des accords de coopération et un endettement massif envers Pékin. En prenant le contrôle de Caracas, Washington cherche à démanteler ce dispositif, à couper les liens financiers et militaires qui faisaient du pays une tête de pont adverse, et à restaurer sa primauté dans ce qu’il considère comme sa zone d’influence naturelle.

2.3 L’enjeu énergétique : la qualité plutôt que le volume

Cette stratégie s’inscrit dans le nouveau concept développé par l’administration Trump de “Forteresse Amériques” : la création d’un bloc continental autosuffisant, capable de fonctionner en circuit fermé en cas de conflit majeur dans le Pacifique ou en Europe, sécurisant ainsi les lignes d’approvisionnement et éliminant toute menace asymétrique à proximité immédiate du territoire américain.

Dans ce cadre, l’aspect le plus structurel de l’intervention réside dans une réalité technique souvent méconnue : l’indépendance énergétique des États-Unis est aujourd’hui autant une question de qualité que de volume. Si la révolution du schiste a permis aux USA de devenir autosuffisants en quantité grâce au pétrole léger (Light Sweet), le pays demeure dépendant, notamment du Moyen-Orient, pour la « qualité » lourde, nécessaire pour produire de manière optimale du diesel, du kérosène et des bitumes. L’enjeu majeur de l’opération américaine est ainsi de remplacer les importations de pétrole lourd en provenance d’Irak et d’Arabie Saoudite par du pétrole vénézuélien : en sécurisant Caracas, Washington ne cherche pas seulement des ressources, mais la maîtrise totale de son mix énergétique.

Avec le Venezuela sous tutelle, les États-Unis peuvent en effet créer un circuit court reliant Maracaibo à Houston en seulement quatre jours de mer. Cette route maritime se situe intégralement dans ce que les stratèges appellent la « baignoire » de l’US Navy (mer des Caraïbes et golfe du Mexique), une zone sanctuarisée qu’aucune puissance étrangère ne peut bloquer. À terme, cette autonomie brise autant le pricing power de l’OPEP que le risque lié la fragilité du détroit d’Ormuz. Si Washington contrôle simultanément les flux en provenance du Canada au Nord et du Venezuela au Sud, il gère l’offre nord-américaine de manière souveraine, rendant les coupes de production du cartel inopérantes sur l’économie américaine.

Et ce d’autant que si d’autres nations produisent du pétrole lourd, aucune ne présente les caractéristiques uniques du Venezuela. Le Canada reste le fournisseur numéro un avec ses sables bitumineux de l’Alberta (Western Canadian Select), mais c’est un pétrole « enclavé ». Ses pipelines, comme le Keystone XL, sont saturés et l’extraction y est extrêmement coûteuse en énergie. À l’inverse, le pétrole vénézuélien est liquide et arrive par voie maritime, offrant une flexibilité logistique supérieure.

Le Mexique, fournisseur historique de la référence « Maya », est aujourd’hui un géant fatigué dont la production baisse d’année en année en raison de l’épuisement géologique de ses champs géants comme Cantarell. Cette baisse de la production de brut mexicain a créé un vide que seul le Venezuela peut combler. Quant aux alternatives du Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite consomme désormais une part croissante de son Arab Heavy pour ses propres besoins domestiques, tandis que le Basra Heavy irakien souffre d’un handicap logistique majeur : quarante-cinq jours de transport vers le Texas, contre moins de cinq pour le Venezuela. Enfin, la Colombie, bien qu’utile comme “plan B” ces dernières années, voit ses réserves s’épuiser et ne peut plus augmenter ses volumes.

La synthèse est claire : le Venezuela est l’unique pays au monde combinant des réserves immenses, une proximité géographique immédiate avec les USA et un potentiel de croissance rapide. C’est cette conjonction du volume, de la proximité et du potentiel qui justifie l’opération. Sans le contrôle de Caracas, les raffineries du Texas seraient condamnées à une dépendance périlleuse vis-à-vis d’infrastructures canadiennes saturées ou d’un Moyen-Orient instable et lointain.

L’objectif final de cette intervention est ainsi la cristallisation d’un bloc énergétique panaméricain englobant le Canada, les USA, le Mexique, le Venezuela et le Brésil. Ce bloc, totalement autosuffisant, permet aux États-Unis de s’isoler en cas de conflit mondial majeur, que ce soit face à la Chine en Asie ou à la Russie en Europe. Leur machine de guerre et leur industrie pourraient alors tourner indéfiniment sans qu’un seul tanker n’ait besoin de traverser l’Atlantique ou le Pacifique.

Le Venezuela doit ainsi être vu comme la pièce manquante du puzzle de l’autonomie stratégique. C’est pour ce gain colossal — l’indépendance totale vis-à-vis du Golfe Persique et l’éviction de Pékin de l’arrière-cour américaine — que l’administration accepte aujourd’hui le risque financier et le coût d’un éventuel enlisement militaire.

3. Conditions du succès américain : scénarios et risques

La capture spectaculaire de Nicolas Maduro ne représente que la phase initiale d’une opération dont la réussite à long terme repose sur trois dimensions : la capacité à transformer l’attaque américaine en soumission du Vénézuéla, la sécurisation et la revitalisation de la chaîne pétrolière, et la gestion des oppositions internationales. Aucun de ces paramètres n’est entièrement maîtrisable par les États-Unis.

3.1 La capacité de résistance du Vénézuéla “Chaviste” : 

Si l’on parle de résistance militaire conventionnelle face aux États-Unis, la possibilité est quasi inexistante. L’opération du 3 janvier a prouvé que les défenses anti-aériennes et le renseignement vénézuéliens pouvaient être percés par l’armée américaine.

Cependant, si l’on parle de la survie du régime (le système chaviste sans Maduro), la possibilité de résistance est réelle, voire élevée à court terme. Le “corps” du régime (l’armée, le parti PSUV, les milices) est toujours là, même si la “tête” a été coupée.

La résistance du “Chavisme”, post Maduro, dépend cependant de la cohésion du système politico-militaire. Elle s’organise aujourd’hui autour d’une Troïka de circonstance qui détient les vrais leviers du pouvoir : 

La résistance est possible à court terme si ce trio reste uni. C’est possible : la hiérarchie politico-militaire a un intérêt vital à résister car elle est impliquée dans des affaires (narcotrafic, corruption) et beaucoup craignent d’être les prochains sur la liste de la justice américaine. Ils pourraient former un “bloc de survie” autour de Rodríguez pour négocier une immunité plutôt que de se battre.

En contrepartie, Trump est connu pour offrir des deals. Il est possible que la CIA offre une amnistie et une retraite dorée à Padrino López s’il livre Cabello.

De plus, le modèle de contrôle social cubain (qui surveille les casernes) pourrait se gripper avec la perte de légitimité du régime, accentuée par la capture de Maduro, laissant place à des mutineries où les soldats refusent de tirer.

 

Le régime vénézuélien peut donc avoir intérêt à sacrifier l’image du “Socialisme” pour préserver le “Business” et tenter de vendre à Trump la stabilité (le pétrole coule, pas de migrants) contre leur maintien au pouvoir, en excluant l’opposition démocratique radicale.

Sa principale arme dans cette négociation possible réside dans sa capacité de nuisance au travers des Colectivos (chaos, terrorisme urbain) pour forcer Trump à négocier un statu quo autoritaire plutôt qu’une démocratie libérale.

Les Colectivos constituent sans doute l’élément le plus volatile et le moins prévisible de l’équation. Issus de groupes de guérilla urbaine des années 1960, légitimés politiquement sous Chávez puis transformés en gestionnaires de territoire sous Maduro, ils se caractérisent par une implantation profonde dans les quartiers populaires, une forte motivation idéologique et une absence totale de porte de sortie politique ou juridique.

Leur puissance réside d’abord dans leur capacité à transformer des zones urbaines denses en forteresses imprenables. Toute tentative d’administrer ces quartiers sans engagement militaire massif se heurte à leur contrôle du terrain, à leur connaissance fine des réseaux locaux et à leur aptitude à se fondre rapidement dans la population. 

Ensuite, les Colectivos peuvent jouer un rôle central dans une stratégie de sabotage des infrastructures pétrolières. Les pipelines reliant les champs de l’Orénoque aux terminaux du littoral parcourent plusieurs centaines de kilomètres dans des zones difficiles à surveiller. Il est matériellement impossible de sécuriser chaque mètre de canalisation en permanence. Des actions de type « hit-and-run » suffiraient à interrompre régulièrement le flux, créant un profil de production en « stop and go » alternant entre phases de montée en puissance et chutes soudaines liées aux dommages.

3.2 Sécurisation de l’outil pétrolier : une course contre la montre

Du point de vue de Washington, la viabilité économique et politique de l’opération dépend de la rapidité du redémarrage productif. Les objectifs officieux évoquent un retour à 1,5 million de barils par jour sous 18 mois, ce qui représente un scénario plutôt optimiste. Les estimations des besoins d’investissement pour réhabiliter l’infrastructure pétrolière se situent dans une fourchette de 60 à 100 milliards de dollars. Elles couvrent la remise à niveau des pipelines, des installations de traitement, des upgraders, des terminaux maritimes et des capacités offshore.

Les États-Unis parient sur un retour des grandes compagnies occidentales, au premier rang desquelles Chevron, déjà présente dans le pays. Or, les premières déclarations des majors restent prudentes. Certaines indiquent qu’il serait prématuré de se prononcer sur l’ampleur de nouveaux investissements tant que le cadre juridique, la sécurité et le partage de la rente ne sont pas clarifiés. Il serait donc excessif de considérer le retour massif des majors comme acquis.

La géographie du pays offre néanmoins des avantages tactiques. Le complexe de Paraguaná, sous la forme d’une péninsule reliée au continent par un isthme étroit, peut être transformé en « forteresse » en quelques heures en contrôlant ce goulot d’étranglement. La Ceinture de l’Orénoque, avec son terrain de plaine ouverte, se prête bien à la surveillance aérienne et par drones. À l’inverse, le bassin de Maracaibo et les zones urbaines denses restent extrêmement coûteux à sécuriser. Il en résulte probablement un Venezuela « à deux vitesses », avec d’un côté des enclaves sécurisées tournées vers l’exportation, et de l’autre un arrière-pays soumis à une insécurité chronique et à des sabotages sporadiques.

3.3 Oppositions internationales et coût diplomatique

L’intervention a déclenché une vague de réactions internationales. En Amérique latine, certains gouvernements ont exprimé un soulagement discret face à la fin possible de ce qu’ils percevaient comme une menace régionale. D’autres, notamment le Brésil et la Colombie, ont manifesté leur inquiétude face au recours unilatéral à la force et aux risques de déstabilisation de leurs propres territoires, en particulier dans les zones frontalières déjà fragilisées par des groupes armés.

Sur la scène mondiale, la Chine et la Russie, sans engagement militaire direct, disposent de leviers de nuisance importants. Pékin, créancier majeur du Venezuela, exige des garanties sur le traitement de ses créances. Moscou pourrait utiliser ce précédent pour légitimer ses propres interventions, ou recourir à des moyens hybrides comme la cyberattaque contre des infrastructures énergétiques occidentales.

Enfin, du point de vue du droit international, de nombreux experts estiment que l’opération viole le principe de non-recours à la force inscrit dans la Charte des Nations unies. Cette contestation affaiblit la légitimité de Washington et pourrait se traduire, à terme, par des initiatives contentieuses ou par des sanctions politiques dans certains forums multilatéraux.

4. Implications pour les marchés énergétiques

L’intervention au Venezuela modifie la dynamique des prix du pétrole selon un schéma en deux temps. À court terme, la prime de risque domine. À moyen terme, l’hypothèse centrale repose sur un surplus d’offre structurel, sous réserve de la réussite partielle de la relance vénézuélienne.

4.1 Phase immédiate : volatilité accrue

Dans les premiers trimestres suivant l’intervention, les marchés intègrent une prime de risque liée à l’incertitude opérationnelle. Les questions centrales portent sur l’ampleur des dégâts infligés aux infrastructures, la capacité des forces américaines à sécuriser les principaux terminaux, et la rapidité du retour des volumes sur le marché. Cette incertitude se traduit généralement par une hausse temporaire des prix, de l’ordre de quelques dollars par baril par rapport au niveau d’équilibre.

4.2 Phase médiane : pression baissière et stratégie américaine

À l’horizon 2026-2027, plusieurs facteurs convergent vers un scénario de surplus d’offre. La production de schiste américaine reste proche de ses plus hauts historiques. Le retour progressif de la production vénézuélienne, même partiel, ajoute des volumes supplémentaires à un marché déjà approvisionné. La normalisation des flux vénézuéliens, qui sortent des circuits clandestins avec décote pour être vendus aux prix de marché officiels, accroît la visibilité de l’offre.

Les principales institutions financières anticipent des prix du Brent compris globalement entre 50 et 70 dollars en moyenne sur la période, avec certaines projections testant des scénarios plus bas a minima. Si Washington choisit consciemment de maintenir un environnement de prix relativement bas, voire de tolérer des niveaux de l’ordre de 40 à 50 dollars dans un scénario de forte surproduction, l’objectif implicite serait de réduire les revenus pétroliers de pays comme la Russie et l’Iran, de contenir les pressions inflationnistes mondiales et de soutenir la demande dans les économies développées.

Cette stratégie comporte toutefois un effet potentiellement pervers. Des prix trop bas fragilisent les producteurs de pétrole de schiste américains et également les finances du futur gouvernement vénézuélien, retardant la reconstruction et augmentant le risque d’instabilité politique, ce qui, in fine, peut compromettre la durabilité des flux d’exportation.

4.3 Impact sectoriel

La baisse relative des prix du brut et la sécurisation d’un flux de brut lourd bon marché bénéficient en premier lieu aux raffineurs complexes de la côte du Golfe. Le différentiel entre le coût d’achat de pétrole lourd vénézuélien et le prix de vente des produits raffinés (diesel, kérosène, essence) s’élargit, augmentant la marge brute de raffinage, le fameux crack spread. Des acteurs comme Valero, Marathon ou PBF Energy se trouvent dans une position particulièrement favorable.

Les secteurs fortement consommateurs d’énergie, comme le transport aérien, le transport routier ou la logistique, voient leurs coûts d’exploitation diminuer. Un baril stabilisé dans une zone relativement basse contribue à améliorer les marges et la visibilité financière de ces entreprises. De même, l’industrie chimique et les fabricants de plastiques bénéficient de matières premières moins onéreuses, ce qui renforce leur compétitivité relative, notamment face à des concurrents asiatiques.

Enfin, le secteur des services parapétroliers se trouve au cœur d’un potentiel cycle d’investissement pluriannuel. Les sociétés spécialisées dans les technologies de production de pétrole lourd, comme Schlumberger ou Halliburton, pourraient voir leurs carnets de commandes se remplir sur une décennie si le redémarrage vénézuélien se confirme, ce qui introduit toutefois une forte dépendance au succès de l’opération et à la stabilité politique locale.

5. Une nouvelle régionalisation des ressources

L’intervention au Venezuela s’inscrit dans un mouvement plus large de régionalisation des flux énergétiques et de fragmentation de la mondialisation. La logique traditionnelle d’un marché globalisé du pétrole cède progressivement la place à une structuration par blocs régionaux, définis autant par des alliances militaires que par des complémentarités économiques.

Un premier bloc se dessine autour des Amériques, incluant le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Venezuela, le Brésil et d’autres producteurs latino-américains. Ce bloc est potentiellement autosuffisant en énergie, doté d’une protection navale inégalée et capable d’organiser des chaînes d’approvisionnement relativement courtes.

Un second bloc, eurasiatique, se structure autour de la Chine et de la Russie. Il repose sur la complémentarité entre une « usine du monde » en quête de ressources et un vaste réservoir de matières premières, notamment en Sibérie. Cependant, ce bloc demeure vulnérable à des contraintes logistiques et à des tensions régionales, qu’il s’agisse des routes terrestres ou maritimes.

Enfin, un troisième ensemble, plus hétérogène, regroupe l’Europe, l’Inde, le Moyen-Orient et une partie de l’Afrique. Cet ensemble apparaît comme le plus exposé aux arbitrages des deux pôles précédents. L’Europe, en particulier, ne dispose ni de ressources abondantes ni d’une armada navale lui permettant de sécuriser ses approvisionnements de manière autonome. Elle se trouve de plus en plus amenée à composer avec les stratégies énergétiques américaines et à accepter une dépendance accrue vis-à-vis d’alliances politico-militaires dont elle ne maîtrise pas entièrement les paramètres.

6. Stratégies d’investissement : scénarios et positionnement

Pour l’investisseur, l’analyse doit se structurer en scénarios et non autour d’une unique trajectoire supposément linéaire. Un scénario de succès rapide, dans lequel la production vénézuélienne atteint 1,5 million de barils par jour en dix-huit mois, la guérilla reste contenue et les majors investissent massivement, existe, mais sa probabilité demeure limitée. Un scénario d’enlisement modéré, marqué par une montée de la production plus lente, des sabotages récurrents et une présence militaire prolongée, semble plus plausible. Un scénario d’échec, dans lequel les coûts humains, financiers et politiques deviennent insoutenables pour Washington, ne peut pas être exclu.

Dans un scénario favorable, les raffineurs américains complexes apparaissent comme les grands bénéficiaires et peuvent surperformer à court terme. Les sociétés de services parapétroliers pourraient ensuite profiter d’une vague d’investissements lourds. Dans la plupart des scénarios intermédiaires, les gains sont plus diffus et les risques plus élevés, ce qui incite à privilégier des expositions tactiques, clairement encadrées par des limites de risque, plutôt qu’une allocation structurelle massive et de long terme.

Au-delà de ces considérations sectorielles, la logique de portefeuille doit également intégrer la dimension géopolitique. La localisation physique des actifs, la dépendance vis-à-vis de routes maritimes sécurisées et l’exposition aux zones de conflit ou d’occupation deviennent des critères à part entière dans l’analyse du risque.

7. Considérations juridiques et éthiques

L’opération « Absolute Resolve » soulève des questions majeures en matière de droit international et de normes éthiques. Nombre d’experts considèrent qu’elle contrevient au principe de non-recours à la force inscrit dans la Charte de l’ONU. La justification américaine, qui consiste à présenter cette intervention comme une action d’application de la loi visant un « narco-État » plutôt que comme un changement de régime, est loin de faire consensus dans la communauté juridique internationale.

Les précédents de Panama en 1989 et de l’Iraq en 2003 montrent que de telles opérations laissent des traces durables sur la crédibilité des États-Unis et sur la perception de leurs entreprises à l’étranger. Des contentieux devant des instances internationales, des campagnes de boycott ou des sanctions ciblées peuvent émerger à moyen terme, ce qui représente un risque non négligeable pour les entreprises directement impliquées dans l’exploitation des ressources vénézuéliennes.

Enfin, les coûts humains de l’intervention doivent être intégrés, même s’ils ne se traduisent pas immédiatement dans les états financiers. Les premières phases de bombardement et de combats urbains ont déjà fait des victimes civiles, et un conflit prolongé avec des acteurs non étatiques pourrait aggraver ce bilan. Cet aspect pèse sur la dimension réputationnelle, en particulier pour les majors occidentales sensibles aux politiques ESG et à la pression de leurs actionnaires institutionnels.

Conclusion

L’intervention américaine au Venezuela ouvre un nouveau chapitre dans la relation entre puissance militaire, ressources naturelles et marchés financiers. Elle crée des opportunités d’investissement réelles, notamment dans le raffinage et les services pétroliers, mais ces opportunités ne peuvent être dissociées des risques géopolitiques et juridiques qui les accompagnent.

Ces éléments militent pour la recherche tant du côté de l’administration Trump que de la troïka au pouvoir au Vénézuéla d’une solution de compromis qui aligne le Vénézuéla sur les intérêts américains sans renverser le pouvoir en place. 

Dans ce cadre, l’investisseur avisé ne pourra pas fonder une stratégie d’investissement sur l’hypothèse implicite d’un succès durable et peu coûteux d’une intervention militaire unilatérale dont le bilan reste, à ce stade, incertain. En revanche, il pourra estimer qu’une issue favorable au plan américain de rapatriement du pétrole vénézuélien dans la sphère américaine est le plus probable et miser pour une part réduite de son capital sur son impact favorable, ce qui nous amène dans une dernière partie à examiner les investissements potentiels.

8. Le conseil hiboo : 

Pour hiboo, l’intervention américaine a pour but central la sécurisation du pétrole vénézuélien et l’intérêt du pétrole lourd Vénézuélien pour l’investisseur peut se résumer en un quelques mots : la Marge du raffineur.

C’est contre-intuitif : pourquoi vouloir un produit sale, visqueux (comme de la mélasse) et difficile à extraire, alors qu’on a du pétrole léger (comme de l’eau) facile à pomper ?

Voici les raisons techniques et économiques qui rendent le pétrole lourd (comme celui du Venezuela) indispensable :

La chimie des distillats moyens, tels que le diesel et le kérosène,. La capacité des raffineries complexes modernes à convertir le pétrole lourd en distillats moyens (diesel, kérosène)—grâce à des unités de craquage thermique et d’hydrocraquage— constitue le premier pilier de l’intérêt pour le pétrole lourd. Si le pétrole léger de schiste américain est riche en molécules courtes idéales pour produire de l’essence et du naphta, il s’avère incapable de générer des volumes suffisants de diesel et de carburant pour l’aviation. Or, l’économie mondiale repose structurellement sur le diesel pour le transport des marchandises (bateaux, camions), et le kérosène pour l’avion, ce qui rend le pétrole lourd, riche en longues chaînes de carbone, indispensable pour éviter une pénurie mondiale de carburants lourds.

Parallèlement, la question du fond de baril met en lumière l’importance vitale du bitume. Alors que la distillation d’un pétrole très léger ne laisse presque aucun résidu au fond de la cuve, le pétrole lourd génère un résidu dense indispensable à la fabrication de l’asphalte pour les routes et des matériaux d’étanchéité pour le bâtiment. Le pétrole de schiste américain est ainsi trop pur pour répondre aux besoins de l’industrie du BTP et des infrastructures routières.

Sur le plan de la rentabilité financière, le pétrole lourd offre un avantage stratégique grâce à sa décote systématique par rapport aux références comme le Brent ou le WTI. Sa complexité de traitement fait baisser son prix d’achat, permettant aux raffineries sophistiquées du Golfe du Mexique, qui ont investi des milliards de dollars dans des unités de cokéfaction, de transformer cette mélasse bon marché en produits finis à haute valeur ajoutée. Cette équation, qui consiste à acheter un intrant décoté pour le revendre au prix fort du carburant, maximise les marges de raffinage là où l’usage exclusif d’un pétrole léger plus onéreux les ferait s’effondrer.

Enfin, cette complexité technique agit comme une véritable barrière à l’entrée qui valorise la technologie des nations industrialisées. Si n’importe quelle petite raffinerie peut traiter du pétrole léger, seuls les pays disposant d’infrastructures de pointe, comme les États-Unis, la Chine ou l’Inde, ont la capacité de transformer le lourd vénézuélien. Cette avance technologique confère un avantage souverain majeur, permettant à ces puissances d’acquérir une ressource que personne d’autre ne peut exploiter pour la transformer en une richesse stratégique et financière.

En résumé : Le pétrole léger sert à faire rouler les voitures de tourisme (Essence). Le pétrole lourd sert à faire tourner l’économie réelle (Diesel pour les camions, Kérosène pour les avions, Bitume pour les routes).

C’est pour cela que l’Amérique, inondée de son propre pétrole léger, a besoin du pétrole lourd vénézuélien pour équilibrer son mix énergétique.

Pour un investisseur, la réponse se joue sur la côte du Golfe du Mexique. C’est là que se trouvent les “cathédrales” industrielles capables de digérer le pétrole lourd vénézuélien.

Voici le podium des gagnants, du plus évident au plus spéculatif :

1. Le Grand Gagnant : Valero Energy (VLO)

C’est le “pure player” du raffinage le mieux positionné. Valero est le plus grand raffineur indépendant au monde et ses usines sont spécifiquement configurées pour maximiser la marge sur les bruts lourds.

  • L’atout clé : Ses raffineries de Port Arthur (Texas) et St. Charles (Louisiane).
  • Pourquoi eux ? Avant les sanctions, Valero était le plus gros client de PDVSA (compagnie nationale vénézuélienne). Leurs unités de cokéfaction (Cokers) sont parmi les plus complexes au monde.
  • Mécanisme financier : Valero va pouvoir remplacer le pétrole lourd canadien ou mexicain (qu’elle achète actuellement avec une décote modérée) par du pétrole vénézuélien qui arrivera massivement et à prix cassé (décote politique + coût de transport minime). Leur marge brute va exploser mécaniquement.

2. Le Stratège Intégré : Chevron (CVX)

Chevron joue sur les deux tableaux (Extraction + Raffinage).

  • L’atout clé : La raffinerie de Pascagoula (Mississippi).
  • Pourquoi eux ? C’est la raffinerie phare de Chevron pour le traitement des bruts lourds. Mais surtout, Chevron est la seule major US qui a maintenu une présence active au Venezuela (via les licences OFAC).
  • L’avantage unique : Ils contrôlent la chaîne de bout en bout. Ils vont extraire le pétrole au Venezuela (qu’ils se paieront à eux-mêmes pour rembourser la dette de PDVSA) et l’envoyer directement dans leurs propres cuves à Pascagoula. Ils captent la marge à l’aller et au retour.

3. Le Pari Spéculatif : PBF Energy (PBF)

C’est un acteur plus petit, plus volatil, mais avec un levier important.

  • L’atout clé : La raffinerie de Chalmette (Louisiane).
  • L’histoire : Cette raffinerie a été construite historiquement comme une joint-venture entre Exxon et… PDVSA ! Elle a été conçue littéralement pour le pétrole vénézuélien. PBF l’a rachetée en 2015.
  • Le potentiel : Pour PBF, le retour du brut vénézuélien est une résurrection de l’ADN original de cette usine. Comme leur capitalisation est plus faible que Valero, l’impact sur leur cours de bourse (Bêta) sera plus violent à la hausse en cas de flux régulier.