Renault

Analyse financière

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L'essentiel

Renault est un constructeur automobile français d’envergure internationale. L’Alliance qu’il constitue avec Nissan est pour la première fois en 2017 le 1er acteur mondial.

Le cours

Historique du chiffre d'affaires

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En millions 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 Moyenne 10 ans TCAm 10 ans
Chiffre d'affaires (CA) 37791 33712 38971 42628 41270 40932 41055 45327 51243 58770 3,7 %
Croissance du CA -7,1 % -10,8 % 15,6 % 9,4 % -3,2 % -0,8 % 0,3 % 10,4 % 13,1 % 14,7 %
EBITDA 1997 1885 3345 3130 3014 3654 3594 4250 5112 5749 6,8 %
Marge d'exploitation 5,3 % 5,6 % 8,6 % 7,3 % 7,3 % 8,9 % 8,8 % 9,4 % 10,0 % 9,8 % 8,1 %
Résultat net part du groupe (RNPG) retraité courant -134 -2585 1732 1925 1060 1442 1752 2646 2813 4920 9,1 %
Marge nette -0,4 % -7,7 % 4,4 % 4,5 % 2,6 % 3,5 % 4,3 % 5,8 % 5,5 % 8,4 % 3,1 %
Cash Flow courant 617 2825 4738 5635 5749 4832 5580 6159 6150 8042 4,2 %
Croissance du Cash Flow -88,4 % 357,9 % 67,7 % 18,9 % 2,0 % -16,0 % 15,5 % 10,4 % -0,1 % 30,8 %
Capitaux propres part du groupe (CPPG) retraités 19941 17363 23663 25536 25817 25083 26631 30270 32377 34864 4,7 %
Rentabilité des CPPG retraités -0,7 % -14,9 % 7,3 % 7,5 % 4,1 % 5,7 % 6,6 % 8,7 % 8,7 % 14,1 % 4,7 %
Dette nette 8934 4850 1617 885 -1464 -1640 -1744 -4283 -3966 -4864
Dette nette/EBITDA 4,47 2,57 0,48 0,28 - 0,49 - 0,45 - 0,49 - 1,01 - 0,78 - 0,85 0,38
Nombre d'actions 256 552 000 257 514 000 262 292 000 272 381 000 212 256 000 272 290 000 273 049 000 272 708 000 271 968 000 271 080 000
CPPG retraités/action 77,73 67,43 90,22 93,75 121,63 92,12 97,53 111,00 119,05 128,61 4,2 %
Croissance des CPPG retraités -8,4 % -13,3 % 33,8 % 3,9 % 29,7 % -24,3 % 5,9 % 13,8 % 7,3 % 8,0 %
RNPG retraité courant/action - 0,12 - 10,60 5,00 7,34 5,23 4,86 6,43 10,01 11,71 18,80 8,8 %
Croissance du RNPG courant -101,5 % -8699,7 % 147,2 % 46,9 % -28,8 % -7,2 % 32,5 % 55,6 % 17,0 % 60,5 %
Dividende/action - - 0,30 1,16 1,72 1,72 1,90 2,40 3,15 3,55 20,5 %
Taux de distribution 0,0 % 0,0 % 2,1 % 15,7 % 20,9 % 50,7 % 30,5 % 24,7 % 30,4 % 19,5 % 19,5 %
Croissance du dividende -100,0 % NS NS 286,7 % 48,3 % 0,0 % 10,5 % 26,3 % 31,3 % 12,7 %
Cours annuel moyen 53,21 26,20 35,77 35,13 35,88 55,48 64,57 84,16 78,32 82,85 2,5 %
Rendement 7,1 % 0,0 % 0,0 % 0,9 % 3,2 % 3,1 % 2,7 % 2,3 % 3,1 % 3,8 % 2,6 %
PER NS NS 7 5 7 11 10 8 7 4 7

La vision hiboo

Renault est un constructeur automobile français d’envergure internationale. L’Alliance qu’il constitue avec Nissan est pour la première fois en 2017 le 1er acteur mondial avec 10,61 M d’unités vendues, juste devant Volskwagen (10,38M) et Toyota (10,01M). En valeur, le groupe Renault a réalisé un chiffre d’affaires de 58,8 Mds€ en 2017, et pour ce qui est de l’Alliance, les ventes cumulées dépassent les 145 Mds€.

Quid de cette distinction Groupe / Alliance?

Renault est tout d’abord un groupe multimarques intégrant la totalité des ventes de Renault, du roumain Dacia, de Samsung Motors en Corée, des Lada produites par Avtovaz en Russie et des ventes liées à la relance de sa marque premium Alpine. Mais Renault est également indissociable de Nissan. Depuis l’inauguration de leur partenariat en 1999, la stratégie globale de l’Alliance est copilotée à parts égales au sein de Renault-Nissan BV. Cette Alliance est structurée par des participations croisées, Renault détenant 43,4% de Nissan contre 15% réciproquement. Le chiffre d’affaires de Nissan représente près du double de celui du constructeur français et, pondéré par les participations détenues par Renault, près de 40% des ventes du groupe. Ces ventes n’apparaissent pas dans les comptes de Renault, les résultats de Nissan étant en effet intégrés par mise en équivalence.

 

Dette nette / EBITDA et Rentabilité des Capitaux Propres

Renault est une société cyclique : en 2009, son CA était 17% plus bas qu’en 2007 et la société perdait 2,6 Mds€ alors qu’elle gagnait 2 Mds€ en 2007. Puis, de 2011 à 2017, Renault a connu une croissance de son chiffre d’affaires et de son résultat net retraité courant de 5,5% et 16,92% par an. En parallèle, le chiffre d’affaires et le résultat de Nissan ont crû respectivement de 4,49% et 9,88% par an depuis 2011.                

Depuis 2007, la marge d’exploitation de Renault a progressé en moyenne de 2,91% par an, ce qui traduit une évolution stratégique du constructeur automobile qui réduit la part de sa valeur ajoutée dans ses ventes avec une production de plus en plus sous-traitée aux équipementiers. Cette stratégie devrait d’une part renforcer la société face aux variations conjoncturelles, et réduire son intensité capitalistique d’autre part.

D’un point de vue boursier, on constate cette cyclicité qui est amplifiée par la crainte des investisseurs : en 2008-2009, l’action du constructeur a perdu 91% (Max DrawDown) de sa valeur.

Malgré une rentabilité des capitaux en croissance ces quatre dernières années, la menace d’un nouveau bas de cycle à l’avenir, et donc d’une chute du cours accompagnée d’une non distribution de dividendes, pèse sur le PER de Renault. Au long de l’année 2017, ce dernier est à un niveau de 4 en moyenne. Le PER moyen sur 10 ans est à 8, avec un pic atteint à 12 en 2007 juste avant la crise.

La place acquise par Renault et ses alliés, en nombre de véhicules vendus, avec les économies d’échelles consécutives et la stratégie menée en terme de plateforme, de positionnement low cost et de voiture électrique, permettent à un investisseur qui accepterait une forte cyclicité des cours, de tabler sur le long terme sur une croissance des bénéfices et une revalorisation du PER. 

Chiffre d’affaires et Marge nette

L'entreprise

Le groupe Renault s’inscrit parmi les plus importants constructeurs automobiles dans le monde avec un chiffre d’affaires en 2017 de 58,8 Mds€ (incluant les ventes d’Avtovaz)  et, au niveau de l’alliance avec Nissan, le premier rang mondial en terme de volume avec 10,61 millions d’unités vendues (en excluant la vente de poids lourds) juste derrière Toyota et Volskwagen (les ventes liées aux participations dans Nissan venant s’intégrer au résultat de Renault en tant que résultat de société mise en équivalence).             

Renault est actuellement à la treizième place mondiale avec 3,76 millions d’exemplaires vendus en 2017.

Le groupe Nissan, avec ses 86,69 Mds€ de CA en 2017 est le neuvième acteur mondial. Il détient, en plus de Nissan, un portefeuille de marques diversifiées : MITSUBISHI suite à la prise de contrôle de 34% des participations, DATSUN relancée en 2013 et positionnée sur le segment low cost, INFINITI positionné sur le haut de gamme et VENUCIA, constructeur d’entrée de gamme issu de la joint venture avec Dongfeng Motor Corporation sur le marché chinois. 

Le groupe Renault, dans le cadre de son Alliance avec Nissan, propose, en plus des véhicules utilitaires, un large choix de voitures de tourisme sur tous segments, de la berline avec la TALISMAN aux crossovers avec le KADJAR ou le DUSTER de sa filiale Dacia, mais avec une offre majoritairement d’entrée et milieu de gamme. Son positionnement le plus remarquable est sur le low cost, illustré par le succès de Dacia en Europe comme en Amérique du Sud et la relance de Datsun par Nissan en Asie. Ce positionnement octroie au groupe un avantage concurrentiel sur les marchés émergents comme l’illustre le lancement de la KWID en Inde. L’Alliance se démarque également par ses ventes de véhicules électriques avec la Renault ZOE et la Nissan LEAF : les constructeurs occupent à eux deux la première place mondiale sur ce segment d’avenir.            

Chiffre d'affaires 2017 par secteur d'activité

Chiffre d'affaires 2017 par zone géographique

Principaux actionnaires (2017)

Etat français

15%

Groupe Nissan

15%

Daimler Pension Trust e.V.

3,10%

Salariés, anciens salariés et auto-détenues

4,20%

Principaux dirigeants

PDG de Renault et de l’Alliance Renault-Nissan
Carlos Ghosn

Directeur financier groupe et Présidente de RCI Banque
Clotilde Delbos

Directeur Général Adjoint Groupe
Thierry Bolloré

Directeur délégué à la performance Groupe
Stefan Mueller

Le secteur

Le marché mondial des constructeurs automobiles apparaît comme largement consolidé : les dix premiers représentent les trois quarts du chiffre d’affaire réalisé par l’ensemble des acteurs. Dès lors les mouvements de cessions/acquisitions de marques constituent des transactions de grande envergure capables de renverser les classements mondiaux. Ainsi, suite à l’acquisition début 2017 par PSA d’Opel et de Vauxhall à General Motors et l’entrée de Mitsubishi au sein de Renault-Nissan, l’Alliance est passée devant General Motors, Toyota et Volskwagen au niveau des volumes des ventes pour l’année 2017 pour arriver en première position devant Toyota et Volkswagen à 10,61 M d’unités vendues.

Deux tendances globales se dégagent au sein du secteur : une part croissante de la production est réalisée sur des plateformes communes à plusieurs modèles et un accroissement du financement de la commercialisation des voitures est réalisée par les constructeurs.   

  1. Avec la consolidation du marché, la production en plateforme permet la réalisation d’importantes économies d’échelles pour les constructeurs. Dans les faits, la plateforme représente le cœur non visible du véhicule, centré autour du châssis (pouvant comprendre moteur, transmission, structure des sièges etc.). Aujourd’hui, une même plateforme sert à la production de plusieurs modèles différents et la part de composants ajoutée dans chaque plateforme est croissante. Cela permet une optimisation des coûts logistiques et d’achat. Cette tendance est assimilable à une concentration horizontale de la production sur une chaîne de valeur qui connait une désintégration verticale avec une valeur ajoutée de plus en plus cédée aux sous-traitants équipementiers. En guise d’exemple, la plateforme MQB de Volswagen est commune à 10 modèles répartis entre les marques VW, Seat, Skoda et Audi. La Nissan Leaf et la Renault Zoé partageront d’ici 2020 une plateforme commune afin de favoriser de nouvelles économies d’échelles. Effectivement, aujourd’hui, la compétitivité est plus que jamais affaire d’économies d’échelles ce qui favorise les constructeurs vendant un nombre élevé de voitures

  2. La deuxième tendance est la financiarisation de la commercialisation automobile. Deux vecteurs expliquent cette mutation : une part de plus en plus large des crédits auto réalisée par les filiales bancaires « captives » des constructeurs et une évolution du mode de consommation orientée vers le leasing. En assumant le rôle d’établissements de crédit, via leurs filiales bancaires, les constructeurs prennent à leur charge les créances auparavant détenues par des banques ainsi que les dettes servant à financer ces dernières. En passant de vendeurs à loueurs d’automobiles, les constructeurs réduisent le risque commercial, engendré par la réticence des consommateurs à l’acquisition d’un bien, et acquièrent une rente que constituent les contrats de location longue durée (LOA ou LDD). Facteurs de rentabilité pour le crédit et de résilience pour la location longue durée, ces deux évolutions accroissent en contrepartie le risque : les créances liées au financement des ventes peuvent subir des défauts et la non utilisation de l’option d’achat à l’issue de la période de leasing peut accroître les stocks de véhicules d’occasion à la charge du constructeur, sujets à des pertes de valeur potentielles lorsque le marché se rétracte.

Positionnement

Renault est un groupe dont les ventes (en consolidation intégrale) se font majoritairement en Europe (61,7% du CA 2017), suivie de la région Asie Centrale-Russie, marché principal des Lada produites par Avtovaz. Ensuite arrive l’Amérique avec 11,5% du CA, où les productions croisées Renault-Dacia d’entrée de gamme en Amérique du Sud constituent la majorité des ventes. La région Asie Pacifique représente 6,2% du CA, en Corée du Sud particulièrement avec la présence de sa filiale RSM. Les 7,7% restants du chiffre d’affaire en 2017 se répartissent entre l’Afrique, le Moyen Orient et l’Inde, avec notamment le succès des Dacia qui sera appuyé par les ventes futures de la KWID.

Le groupe Nissan (qui par équivalence représente 40% des ventes de Renault en valeur) dispose quant à lui d’un positionnement bien plus diversifié : 36,6% de ses ventes en volume sont faites en Amérique du Nord grâce en partie aux ventes de sa marque premium Infiniti écoulant plus de 168 000 exemplaires aux Etats-Unis, un record pour la marque. Viennent ensuite les ventes en Chine (23,3%) issues principalement du partenariat avec Dongfeng Motors Corporation. Les ventes en Europe-Russie se maintiennent dans l’absolu sur 2017 (13,3%) mais sont en baisse par rapport à 2016 (15,3%). Suivent les ventes sur le marché japonais (9,6%) qui, malgré l’arrivée de Mitsubishi dans l’Alliance, ont baissés par rapport à l’exercice précédent (11,6%), ce qui fait suite au scandale de fraude sur les performances énergétiques des véhicules de Mitsubishi en 2016.

Prospective

Etant donné la compétitivité croissante d’un marché automobile de plus en plus consolidé, les résultats du groupe tiennent avant tout à la gestion de ses coûts d’exploitation. Renault se distingue de ses concurrents sur deux aspects : la modularisation de sa production en plateformes et sa gestion des achats en monozukuri, qui consiste à faire suivre le même indicateur pour toutes les équipes de Renault : le coût du véhicule livré aux concessionnaires. Effectivement auparavant les différentes équipes de chez Renault étaient évaluées sur des critères différents mais pas toujours forcément compatibles : le département Achats était par exemple chargé de trouver des composants les moins chèrs possible alors que le service ingéniérie était focalisé sur la qualité de la voiture.

Parallèlement à cette stratégie, le groupe maintient ses dépenses en R&D comme l’atteste l’achat des laboratoires de « développement connectivité auto » d’Intel en France, se distinguant de son concurrent direct PSA chez qui le budget R&D se contracte.   

Le constructeur renforce également son positionnement low-cost : celui-ci tient au succès des Dacias sur les marchés européens comme en Eurasie et au Maghreb, mais aussi à la relance de la filiale low-cost Datsun de Nissan menée depuis 2013 et apportant une offre similaire à Dacia sur différents marchés, en Asie du Sud-Est, au Liban, en Russie et en Inde avec notamment le lancement de la Redi GO. Une autre illustration de cette stratégie, et non des moindres, est la sortie de la KWID (prix neuf < 3 500 €) sur le marché indien. Ce modèle montre les efforts de développement de Renault sur l’ultra low-cost visant les pays émergents et pouvant atteindre l’Europe par une refonte de ce cross-over à Tanger, apte à le rendre homologuable sur les marchés européens.

Conflits d'intérêts

Détention d’actions de l’émetteur par l’analyste, hiboo et/ou ses salariés au moment de la rédaction et de la publication de la présente analyse financière ou de la recommandation qui peut lui être associée Détention d’actions de l’émetteur par l’analyste, hiboo et/ou ses salariés quinze jours après la publication de la présente analyse financière ou de la recommandation qui peut lui être associée Participation de l’émetteur au capital de hiboo Autres intérêts financiers importants entre l’émetteur et hiboo Rémunération de hiboo par l’émetteur au titre de la présente analyse financière Rémunération de hiboo par l’émetteur au titre d’autres prestations que l’établissement de la présente analyse financière Communication de l’analyse financière à l’émetteur préalablement à sa diffusion
Non Non Non Non Non Non Non

Cette analyse a été rédigée de manière collégiale par l’équipe hiboo, à partir des informations légales mises à disposition du public par l’émetteur (documents de référence, présentations aux analystes..) et conformément aux réglementations de l’AMF et au code de déontologie de hiboo (à consulter ici).

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