Actions américaines : les 5 secteurs gagnants de 2026

À mi-année 2026, la hiérarchie sectorielle de la Bourse américaine a changé de visage. Après une décennie dominée par la technologie, ce sont l’énergie, l’industrie et les matériaux qui mènent la danse, portés par la hausse du pétrole, la demande d’électricité liée aux centres de données et le renchérissement des métaux. Le S&P 500 progresse de 10,1% depuis le 1er janvier (rendement total au 31 juillet 2026, source S&P Dow Jones Indices). Cinq secteurs font mieux ou presque aussi bien que l’indice. Pour chacun, nous avons retenu une valeur cotée depuis plus de quarante ans, dont la performance 2026 illustre le mouvement du secteur.

1. L’énergie : +35,1% depuis janvier

Le secteur énergie du S&P 500 affiche la première performance de l’année : +35,1% au 31 juillet 2026, soit environ 3,5 fois la progression de l’indice. Le moteur est double : la hausse du brut consécutive au conflit autour du détroit d’Ormuz, et la demande d’électricité alimentée par la construction des centres de données.

La valeur : Exxon Mobil Corporation (XOM).

Cotée à New York, l’entité remonte à la Standard Oil de 1882. Le titre progresse de 28,9% depuis le 1er janvier (rendement total, dividendes réinvestis, au 7 août 2026). Le groupe a publié au deuxième trimestre 2026 un bénéfice de 14,5 milliards de dollars, soit 3,48 dollars par action, avec un flux de trésorerie d’exploitation de 23,6 milliards de dollars. La production 2025, à 4,7 millions de barils par jour, était la plus élevée du groupe depuis plus de quarante ans.

2. La technologie : +16,3% malgré la correction de juillet

Deuxième du classement avec +16,3% au 31 juillet, le secteur technologie a connu un parcours heurté : quasi stable en début d’année, rattrapage au deuxième trimestre, puis repli de 8% sur le seul mois de juillet sur fond d’interrogations autour des valorisations liées à l’intelligence artificielle.

La valeur : Intel Corporation (INTC).

Cotée depuis 1971, la société signe l’un des redressements les plus marqués de la cote : +121,9% depuis le 1er janvier (rendement total, début août 2026). Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre 2026 ressort à 16,1 milliards de dollars, en hausse de 25% sur un an, la croissance trimestrielle la plus rapide du groupe depuis 2011. La pénurie de processeurs pour serveurs, liée à la demande des hyperscalers, et les progrès du procédé de gravure 18A expliquent l’essentiel du mouvement. À noter : le titre a reculé de 28% sur le seul mois de juillet, signe d’une volatilité élevée.

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3. L’industrie : +16,2%, portée par l’électrification

Le secteur industriel progresse de 16,2% au 31 juillet. La thèse du marché : quel que soit le vainqueur de la course à l’intelligence artificielle, il faudra des équipements — turbines, moteurs, infrastructures électriques — pour alimenter les centres de données.

La valeur : Caterpillar (CAT).

Cotée depuis 1929, la société affichait +59,6% depuis le 1er janvier à la mi-juin 2026. Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre 2026 atteint 20,5 milliards de dollars, en hausse de 24%, un record trimestriel pour le groupe, avec un bénéfice par action en progression de 73% à 8,17 dollars. Le carnet de commandes s’établit à 72 milliards de dollars. La division production d’électricité, dont les revenus ont progressé de 41% au premier trimestre, est le principal contributeur à la révision en hausse des objectifs annuels. Point de vigilance : le titre a reculé de plus de 15% depuis son plus haut de fin juin, et certains investisseurs jugent la valorisation tendue (ratio cours sur chiffre d’affaires au plus haut de trois décennies).

4. L’immobilier coté : +15,0% malgré les taux

Le secteur immobilier du S&P 500 gagne 15,0% au 31 juillet, une performance notable dans un environnement de taux qui lui est historiquement défavorable.

La valeur : Public Storage (PSA).

Cotée depuis 1980, la première foncière mondiale de self-stockage progresse de 24,1% depuis le 1er janvier (à la mi-juillet 2026). Le groupe a annoncé l’acquisition de Public Storage Canada pour 1,2 milliard de dollars et publié au premier trimestre un résultat opérationnel (FFO) de 4,22 dollars par action, au-dessus des attentes.

5. Les matériaux : +9,1%, dans le sillage du cuivre et de l’or

Le secteur matériaux progresse de 9,1% au 31 juillet, soutenu par la hausse des métaux : le cuivre bénéficie de la demande des réseaux électriques et des centres de données, l’or de son statut de valeur refuge.

La valeur : Freeport-McMoRan (FCX).

Cotée depuis 1987 sous sa forme actuelle, la société — l’un des premiers producteurs mondiaux de cuivre, avec l’or et le molybdène en coproduits — progressait de 24,8% depuis le 1er janvier début juin 2026. Le redémarrage progressif de la mine de Grasberg en Indonésie (85% des capacités attendues au second semestre 2026) et l’extension des droits miniers négociée avec le gouvernement indonésien constituent les deux catalyseurs suivis par le marché.

Ce que ce classement nous dit

Trois enseignements se dégagent. D’abord, la rotation sectorielle est réelle : les secteurs dits « value » (énergie, industrie, matériaux) ont mené le marché au premier trimestre, avant un rattrapage partiel de la technologie. Ensuite, un fil conducteur commun relie quatre des cinq secteurs : la demande d’électricité et d’infrastructures générée par l’intelligence artificielle, qui profite aussi bien aux producteurs d’énergie qu’aux équipementiers industriels et aux producteurs de cuivre. Enfin, les écarts de valorisation se sont creusés : après de tels parcours, plusieurs de ces titres se traitent à des multiples élevés au regard de leur historique — le mois de juillet, avec ses replis de 8% sur la technologie et de 15% sur certaines valeurs industrielles, a rappelé que ces performances ne sont pas linéaires.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les informations publiées sur hiboo.expert ne constituent ni un conseil en investissement personnalisé, ni une incitation à acheter ou vendre des instruments financiers. Tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital. Données arrêtées aux dates indiquées dans le corps de l’article ; sources : S&P Dow Jones Indices, publications trimestrielles des sociétés citées.