Le mercredi 29 juillet 2026, l’action Alten a progressé de plus de 20% en séance à la suite de la publication de ses résultats du premier semestre. Des chiffres supérieurs aux attentes et un retour à la croissance confirmé : voilà ce que le marché a salué. Chez hiboo, nous suivons Alten de longue date — au même titre que Capgemini, Sopra Steria ou Accenture, dans un secteur des ESN pénalisé en Bourse depuis deux ans par les craintes liées à l’intelligence artificielle. Le titre cotait autour de 75 € au moment de la publication, pour une droite de régression située vers 143 € : le potentiel de retour à la tendance longue représente environ un doublement. Analyse.
Alten, numéro un européen de la R&D externalisée
Alten est ce que l’on appelle une ESN, plus connue en France sous le nom de société de conseil. Son métier : la recherche et développement sous-traitée. Un constructeur automobile, un avionneur ou un fabricant de semi-conducteurs a besoin, par intermittence, de renforcer ses équipes d’ingénieurs pour développer un nouveau produit — sans pour autant surdimensionner sa R&D interne en permanence. Alten permet de lisser cette cyclicité des investissements de développement.
L’offre repose sur trois briques : le consulting (mise à disposition d’ingénieurs), les « work packages » (conception d’un sous-ensemble complet, par exemple un fuselage, livré de A à Z) et l’offshore, avec des centres de recherche en Roumanie, en Inde ou à Bakou qui réalisent environ 70% du travail de fond, en liaison avec de petites équipes travaillant en direct chez le client en Europe.
Trois facteurs structurent selon nous la demande :
- une pénurie mondiale d’ingénieurs, face à une complexité croissante des produits et à l’électrification en cours ;
- la montée des modèles « plateforme » : face à la concurrence chinoise, de plus en plus d’entreprises allègent leurs coûts d’exploitation et sous-traitent, y compris une partie de la conception ;
- un marché fragmenté en cours de consolidation, où Alten — dans le trio de tête européen avec Capgemini Engineering et Akkodis — dispose d’un bilan sans dette pour réaliser des acquisitions dans les creux de cycle. C’est précisément ce qu’il a fait cette année.
Cette taille confère un avantage concurrentiel : un référencement auprès des grands donneurs d’ordres, qui ne confient pas la conception d’un élément de véhicule ou d’une chaîne de production de microprocesseurs à un acteur de second rang, et une capacité d’attraction des jeunes ingénieurs, exposés à des projets de premier plan dans quasiment tous les secteurs.
Découvrez notre vidéo sur Alten ici.
Une décote rare sur la droite de régression
La méthodologie hiboo consiste à replacer le cours dans sa tendance de long terme. Sur 20 ans, la droite de régression d’Alten affiche une pente de 13,2% par an, dividendes réinvestis (environ 11% hors dividendes) — une pente supérieure à celle de L’Oréal.
Le point notable : le cours est passé sous les deux écarts-types en dessous de cette droite. Pour retrouver un tel niveau de décote, il faut remonter à la crise des subprimes de 2008. Les craintes liées à l’IA et les remous de la période post-Covid ont conduit le titre sur un point bas comparable.
Cette pente de 13% est-elle justifiée ? Les données comptables sur 10 ans le confirment :
- croissance du chiffre d’affaires : +10,3% par an sur 10 ans, période Covid comprise ;
- rentabilité des capitaux employés (ROCE) : 15,2% ;
- rentabilité des capitaux propres : 13,7% — un chiffre cohérent avec la pente de la droite de régression dividendes réinvestis ;
- rentabilité financière (retraitement hiboo des scories comptables) : 14,7% ;
- ratio d’agilité hiboo : 18,7%.
Ce dernier ratio compare la génération de cash moyenne sur 10 ans aux immobilisations. À 18,7%, le cash généré aurait permis de financer une croissance des immobilisations de 18,7% par an, alors que la croissance effective n’a été que de 10% : Alten dégage donc un excédent structurel d’environ 8,5% par an, qui explique l’absence de dette au bilan et la capacité de retour à l’actionnaire.
Précision utile : il ne s’agit pas d’une valeur de redressement. Le consensus des analystes valorise le titre à 11 fois les bénéfices 2025, 10 fois 2026 et 9 fois 2027, avec une croissance attendue des bénéfices de 10% par an.
S1 2026 : le retournement se matérialise
Le chiffre d’affaires du premier semestre progresse de 1,2%, dont +1,6% en organique. Surtout, la croissance organique atteint +3,2% au deuxième trimestre contre +1,6% sur le semestre : l’activité s’accélère. La rentabilité opérationnelle de l’activité ressort à 9%, supérieure à celle de 2025.
L’accélération est portée par l’aérospatial, la défense, la sécurité, le naval, le ferroviaire et l’énergie. Le détail géographique publié par la société, trimestre par trimestre, est parlant :
Le différentiel allemand — près de 7 points entre le T1 et le T2 — illustre la reprise de l’investissement en R&D outre-Rhin. Seuls le Benelux et les pays nordiques restent en recul.
Le semestre a également été marqué par deux acquisitions : une société de services informatiques en France (68 millions d’euros de chiffre d’affaires, 470 consultants) et une société de R&D automobile en Allemagne (22 millions d’euros de chiffre d’affaires, 230 consultants), parallèlement à une cession de gestion de portefeuille.
Valorisation et signaux à surveiller
Sur le plan graphique, le titre a dessiné un « W » en fin de baisse, une figure qui signale fréquemment l’épuisement d’une tendance baissière. Le cours a franchi à la hausse ses moyennes mobiles à 21 et à 200 séances. Le signal complet, selon la lecture hiboo, interviendra si la moyenne mobile à 21 séances croise à la hausse celle à 200 séances dans les semaines qui viennent.
Deuxième élément à surveiller : le Wall Street Target Price, à 89,83 € au moment de la publication, en légère décrue avant les résultats. Les hausses durables s’accompagnent le plus souvent d’une révision à la hausse des objectifs des analystes, qui déclenche les achats institutionnels. Une inversion de cette courbe renforcerait le scénario.
Si ces signaux se confirment, le retour vers la droite de régression — 143 à 150 € par action — constitue l’objectif de la stratégie hiboo : acheter sous les deux écarts-types, vendre autour de plus deux écarts-types. Depuis 75 €, cela représente un potentiel de l’ordre de 90% à 100%.
Les abonnés hiboo expertise avaient été alertés avant la publication des résultats, et le titre figure dans les portefeuilles hiboo. Vous pouvez activer sur le site hiboo des notifications sur Alten, notamment sur les changements de tendance des moyennes mobiles évoqués ci-dessus.
Pour aller plus loin : retrouvez sur hiboo.expert l’étude complète d’Alten, notre analyse de Capgemini dans le même secteur des ESN, ainsi que les lives hiboo réservés aux abonnés expertise.
Les informations publiées par hiboo.expert ne constituent en aucun cas un conseil en investissement personnalisé. Elles reflètent l’analyse de l’équipe hiboo à la date de publication. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital. Avant toute décision d’investissement, rapprochez-vous d’un conseiller agréé.

